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Péremption



Paris en deux sessions. Une première semaine à la recherche de Monet; d’abord au Louvre, convaincu de revoir son œuvre ainsi que celle de beaucoup d’autres impressionnistes comme ce fut le cas jadis, lorsque la pyramide n’existait pas encore.
Un parcours réalisé en trois petites heures seulement. Je n’en croyais pas mes yeux car avec ce que j’étais venu chercher je n’ai pas trouvé grand chose pour les contenter, jusqu’à ce qu’un petit paysage d’hiver vint in extremis me réchauffer la rétine. 


Subjugué par le trait, par l’effet, cette sensation de froid, d’être soudainement captif au milieu de ce paysage silencieux et glacé que seule la peinture peut restituer. Soulagé aussi par les « erreurs » des reflets, par leur présence. Alors il est donc possible d’en commettre de similaires puisque le maître les a validées !? Le perfectionniste que je suis repartira alors plus léger. 


Juste un détour par les salles les plus fréquentées où le spectacle n’est plus sur les cimaises mais dans cette foule de visiteurs admirant par le prisme de leur téléphone portable des œuvres devenues des images-Stars vues à la télé.


Le petit Palais. Une collection permanente tout aussi captivante que celle du Louvre. 
Aucune file d’attente et la gratuité. Emerveillé par des fresques naturalistes gigantesques; des étoffes peintes avec un réalisme saisissant. La peinture ne dépasse plus seulement la photo mais le vêtement. Elle ne devient plus la trace, la preuve, le souvenir, mais la lucarne par laquelle on observe véritablement un temps toujours en suspens.

Une autre incroyable apparition … D’une œuvre encore une fois monumentale que j’ai confondue avec une photo – Pourtant je m’approche du titre et m’incline devant l’inconcevable réalisé : Aimé Morot « Le bon samaritain » 1880.


Je terminerai mon aventure culturelle au Musée d’Orsay, temple de l’impressionnisme.

Mais non ! J’oubliais avant cela mon immersion dans les nymphéas de Monet à l’Orangerie ! C’est dire l’étrange souvenir que cette visite me laissa. Les nymphéas que j’étais allé voir à Rome dans un petit musée semblaient beaucoup plus spectaculaires, vivants, chatoyants. Au contraire de ces grands panneaux ternes qui devaient pourtant être baignés de lumière dans une salle spécialement conçue pour l’œuvre testamentaire du peintre.



Mais revenons aux réalités d’Orsay, aux paysages enfin verts et lumineux de Monet, à ses peupliers encore chahutés par le vent et ce « Pavé de Chailly » qui laisse tout à deviner, à explorer, à s’émerveiller de la poésie, du mystère, de l’âme d’un paysage.



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